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Au Cameroun, une succession de condamnations coûte plus de 400 milliards de FCFA à l'État.

2026-09-15 00:51:42 - Au Cameroun, des leaders politiques et de la société civile s'alarment d'une série de condamnations contre l'État, dans diverses procédures contentieuses, devant des juridictions internationales. Des condamnations très lourdes sur le plan des indemnisations financières. La presse locale a fait les comptes et fait état de 446 milliards de FCFA, en trois mois (près de 700 millions d'euros), à verser à trois créanciers étrangers avec lesquels l'État du Cameroun avait signé des contrats commerciaux. 

L'homme politique Joseph Espoir Biyong est de ceux qui ont donné de la voix pour s'inquiéter de ces condamnations en cascade contre l'État, face à trois de ses anciens partenaires. Il s’agit de trois entreprises opérant dans différents secteurs - le pétrole, le BTP et les mines - et issues de trois continents - l'Afrique, l'Europe et l'Amérique du Nord - pour une ardoise cumulée de 446 milliards de FCFA.
 
Pour Joseph Espoir Biyong, « ces condamnations sont le révélateur, écrit-il dans une tribune, d'une gouvernance par l'incompétence, le mépris et l'impunité. C'est une faute qui coûte des écoles, des hôpitaux et des routes à nous-mêmes et à nos enfants », ajoute-t-il
 
Pour l'économiste Serge Alain Goddong, ces condamnations sont loin d'être une surprise. Il pointe du doigt un mode de gouvernance et des pratiques d'affaires, en marge des normes reconnues à l'international.
 
« Les dirigeants camerounais, malheureusement, ont un arrimage qui est très lacunaire vis-à-vis de tout ce qui commande l’ordre mondial en termes de normes, en termes de pratiques, en termes de tradition mais aussi en termes simplement de respect des engagements. Donc, il n’est pas étonnant que l’on se retrouve avec des rendus judiciaires qui sont très largement les uns à la suite des autres, à la défaveur de l’État », estime-t-il.
 
Les observateurs s’étonnent aussi du silence du gouvernement sur ces différentes affaires, alors même que d'autres procédures contentieuses sont en instance de jugement et pourraient, dans les prochains jours, alourdir, encore plus, une ardoise déjà salée.
 
Polycarpe Essomba correspondant à Yaoundé,RFI / Photo: Studio FMM

: Afrique Monde